
Histoire

LA CRAVATE,
attribut vestimentaire incontournable de la mode masculine, tire son
origine de la bande d’étoffe portée autrefois par les cavaliers
croates qui servirent dans le régiment du
« Royal-Cravate » au temps de Louis XIII et Louis XIV.
Adoptée par la Cour de Versailles, elle s’imposa dans le monde.
Aujourd'hui, le Petit Robert propose d'ailleurs la définition
suivante : Cravate, 1651, « bande de linge que les
cavaliers croates portaient autour du cou »; forme francisée de
Croate. En effet, c'est le mot Hrvat, forme croate de
Croate, qui a donné krvat, puis cravate. On le
retrouve également dans les autres langues : cravat/tie (ang.),
krawatte (all.), corbata (esp.), cravatta (it.), gravata (port.),
kravat (hong.), krawat (pol.), krawatt (suéd.) ou... kravata
(croa.).
L’
ÉVANGÉLIAIRE DE REIMS. Les rois
de France, notamment Charles IX, Henri III, Louis XIII et Louis XIV,
prêtèrent serment lors de leur avènement sur le « Texte du
Sacre » de l’Évangéliaire de Reims dont une partie est rédigée
en cyrillique, et l’autre en glagolitique,
l’ancien alphabet croate du Moyen Âge. On ignore comment ce
mystérieux Évangéliaire parvînt à Reims.
LE SABOR,
parlement croate, dont l'origine remonte au haut Moyen Âge, figure
aux côtés du Althing islandais, formé vers 930, et de celui
de Sicile, instauré vers 1130, parmi les plus anciens d'Europe. Son
existence fut ininterrompue depuis le XIIe siècle (sauf entre 1918
et la Seconde guerre mondiale, dans le cadre de la première
Yougoslavie).
LES RÉGIMENTS CROATES DE NAPOLÉON. Ces
soldats croates se sont notamment rendus célèbres devant Moscou en
1812 et à la bataille de la Berezina
le 1er janvier 1813, sauvant Napoléon qui leur adressa le message
suivant « Hier j'ai pu m'assurer de mes propres yeux de votre
courage et de votre fidélité. Vous avez acquis la gloire immortelle
et l'estime, et je vous place parmi mes meilleures troupes ».
Sous le péristyle de la Cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides,
une plaque commémorative rappelle l'engagement de soldats croates
aux côtés de l'empereur.
MARCO POLO. Selon une tradition,
le navigateur, qui participa en 1298 à une bataille navale livrée à
proximité de Korcula par les Vénitiens contre les Génois, où il fut
fait prisonnier, serait né dans la ville de Korcula en 1254. Sa
maison natale présumée est située près de la cathédrale, à droite du
campanile.
LA
PLUS ANCIENNE PHARMACIE. C’est à Dubrovnik
que fut inaugurée en 1317, dans le couvent des Franciscains, la plus
ancienne pharmacie d’Europe. Un siècle plus tard, en 1434, c’est
aussi le premier orphelinat qui verra le jour dans la
cité-république croate.
MARIN, LE TAILLEUR DE PIERRE. Marin
naquit à Lopar, au nord de Rab. Chrétien, enrôlé de force dans
l'armée romaine, il prit la fuite et trouva refuge dans les collines
du Monte Titano en Italie. Il y vécut en ermite puis y fonda un
monastère. Après sa mort vers 395, son couvent allait devenir le
berceau de la petite république de Saint-Marin qui garde toujours
des liens privilégiés avec l'île croate de Rab.
UNE TRÈS ANCIENNE SYNAGOGUE. Sise
rue Zudioska (rue des Juifs), au nord du Stradun, la synagogue de Dubrovnik
est la plus ancienne d'Europe, encore en fonction, après celle de
Prague. Elle occupe un bâtiment du XIVe siècle dont l'intérieur
baroque date de 1652 (tora, étoffes, orfèvreries...). La présence
des Juifs à Dubrovnik est mentionnée pour la première fois en 1324,
mais le plus grand nombre arriva à la fin du XVe siècle après leur
expulsion de la péninsule Ibérique. Ils ont largement contribué à
l'essor économique de la République de Raguse (Dubrovnik) et à
l'épanouissement des sciences et des arts.
RICHARD COEUR DE LION. La
cathédrale de Dubrovnik
fut rebâtie entre 1672 et 1713 sur les ruines d'une église romane
élevée, selon la légende, grâce aux dons de Richard Coeur de Lion
qui, de retour de Terre sainte, fut victime d'un naufrage et trouva
refuge à Dubrovnik.
LA RÉVOLTE DE
VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE. Durant
la seconde guerre mondiale, un détachement de quelque cinq cents
Croates enrôlés de force par les nazis et stationnés dans le sud de
la France occupée s'est mutinée contre l'occupant le
17 septembre 1943. Tous les officiers nazis sont tués dans
l'insurrection et Villefranche-de-Rouergue devient « ville libérée »
l'espace d'une journée, avant que la révolte ne soit étouffée dans
le sang. Aujourd'hui, une « avenue des Croates » rappelle cet
épisode tragique de l'histoire de la ville. La « révolte
des Croates » a fait l'objet de plusieurs ouvrages
publiés en France.
L'ÎLE DES NON-ALIGNÉS. C'est à
Veliki Brijun, île principale de l'archipel des Brijuni, que Nasser,
Nehru et Tito signèrent le 19 juillet 1956 la célèbre Déclaration
des non-alignés. La guerre froide faisait alors rage et le monde
était coupé en deux, entre États-Unis et URSS. Par cette
déclaration, les trois hommes refusaient de prendre parti et
invitaient les pays du tiers-monde à les suivre, à ne pas
"s'aligner" sur les grandes puissances. Aujourd'hui les Brijuni, où
se mêlent six cents plantes endémiques, forment l'un des sept parcs
nationaux croates.
Arts et
culture
DORA
MAAR. La
photographe, peintre et célèbre muse de Picasso, Dora Maar, de son
vrai nom Théodora Markovic (1907-1997), était la fille d'un père
architecte croate de Zagreb et d'une mère tourangelle. Élevée un
temps à Buenos Aires, elle rentra en France en 1926, où elle étudia
dans l'atelier du peintre André Lhote. C'est là qu'elle fit la
connaissance de tous les grands photographes de l'époque, dont elle
devint le modèle. Après avoir illustré plusieurs ouvrages de ses
photographies, réalisé quelques publicités, elle se lia d'amitié
avec Georges Bataille et André Breton, qui influencèrent ses travaux
d'inspiration surréaliste, qu'elle réalisa vers 1935. C'est à cette
époque que Paul Eluard la présente à Picasso, dont elle devint la
muse jusqu'en 1945, date de leur rupture. Très ébranlée par cette
séparation, elle continua néanmoins de peindre, mais ne fit que de
rarissimes expositions. La Femme qui pleure, qu'elle posa
pour Picasso, se vendra 37 millions de francs, en automne 98,
lors de la vente Dora Maar.
LA GUZLA. Seul
mot croate entré dans la langue française retenu par le Petit
Robert : Guzla [gyzla] n. f. - 1791; mot croate.
Instrument de musique monocorde, espèce de violon, en usage chez les
peuples dalmates. « La Guzla », récit de Mérimée. Un
second terme, ban, figure quant à lui uniquement dans
l'édition du Grand Robert et désignait le plus haut titre de
noblesse en Croatie, après le roi. Voir également cravate.
LA
CATHÉDRALE DE SIBENIK. Oeuvre
de l'architecte croate Juraj Dalmatinac datant du milieu du XVe
siècle, et inscrite en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de
l'UNESCO, la cathédrale St-Jacques à Sibenik, est le seul bâtiment
d'Europe construit uniquement en pierre, sans mortier. A la manière
des charpentiers, Dalmatinac imagine une nouvelle méthode
d'assemblage, sans joint, de dalles de pierre taillées sur mesure et
insérées dans des arcs doubleaux grâce à des languettes et
rainures.
LE MAÎTRE DE LA
MINIATURE. Julije
Klovic ou Giulio Clovio (1498-1578), peintre miniaturiste originaire
de Grizane, fut l'élève de Giulio Romano à Mantoue. Il peignit pour
le pape à Rome et pour Côme Ier de Médicis à Florence, il devint
l'ami de Michel-Ange, Vasari, Bruegel le Vieux et du
Greco.
LES « CROATES » DU LOUVRE. Dans
l'aile Denon du musée du Louvre, consacrée à la sculpture italienne
du Quattrocento, se trouvent, dans la première salle au
rez-de-chaussée, au pied de l'escalier, quatre sculptures et
bas-reliefs de deux sculpteurs qui ne sont pas si "italiens" que
cela : Francesco Laurana et Giovanni Dalmata de Traù. Il s'agit en
réalité de deux sculpteurs croates : Franjo de Vrana (près de
Zadar) et Ivan Duknovic de Trogir (près de Split). Sur les quatre
sculptures, trois sont de Franjo de Vrana (deux bustes et le blason
sculpté des Anjou) et un bas-relief de la tombe du pape Pie II, par
Ivan Duknovic. Franjo de Vrana [Vrana 1430-Avignon 1502] fut l'un
des plus grands sculpteurs du XVe siècle. Il travailla d'abord en
Croatie, puis en Italie, avant de devenir sculpteur à la Cour du roi
René d'Anjou en Provence. Parmi ses oeuvres en France on compte
notamment l'Autel Saint-Lazare dans la cathédrale de la Major
à Marseille, le Retable de la montée au Calvaire à
Saint-Didier d'Avignon, ou encore le Tombeau de Charles du
Maine au Mans. On lui doit également les sculptures de l'Arc
triomphal du Castelnuovo de Naples réalisées pour le roi
Alphonse d'Aragon.
LE MONUMENT À LA
PAIX, qui
trône devant l’entrée du siège de l’Organisation des Nations unies,
à New York, est l’œuvre du grand sculpteur croate August Augustincic
(1900-1979).
L'ÉCOLE DE
HLEBINE. Cette
école de peintres naïfs a été fondée dans le nord-est de la Croatie,
à Hlebine, par Ivan Generalic, Franjo Mraz et Mirko Virius, peintres
paysans qui, contrairement aux naïfs d'Europe occidentale, œuvrèrent
côte à côte et non en solitaires. S'attachant à évoquer de façon
idyllique les paysages et les activités de leur région, ils
utilisèrent la couleur sans souci de réalisme, ainsi que des motifs
décoratifs originaux. On compte parmi ses représentants les plus
célèbres, Dragan Gazi, Josip Generalic, Mijo Kovacic, Ivan Lackovic
et Ivan Vecenaj, qui se firent connaître surtout après
1945.
L'
« ANDERSEN » CROATE. Auteur
de contes et d'histoires pour enfants, Ivana Brlic-Mazuranic
(1874-1938) fut en 1937 la première femme à entrer à l'Académie
yougoslave des sciences et des arts. Le dessin animé Lapitch, le
petit cordonnier est une adaptation de son conte Segrt
Hlapic.
L'ÉCRITURE ÉTRUSQUE. Le
Liber linteus Zagrabiensis, ou "linceul de la momie de
Zagreb" qu'on date du IIIe-IIe siècle av. J.-C, est un précieux
linceul de lin, conservé au Musée archéologique, sur lequel est
consignée la plus longue inscription connue en écriture
étrusque.
L'ALPHABET GLAGOLITIQUE a été
inventé au IXe siècle, probablement par saint Cyrille et son frère
saint Méthode. Jamais utilisée dans les autres pays slaves, ou bien
cessant de l'être au XIIe siècle, cette écriture demeura
prédominante dans les contrées croates jusqu'à la fin du XVe siècle
et son usage perdura dans certaines communautés religieuses de
Dalmatie et d'Istrie jusqu'au XIXe siècle. Les plus vieux textes
glagolitiques croates conservés datent du XIe siècle. Dès leur
christianisation, les Croates utilisèrent le slavon et l'écriture
glagolitique dans leur liturgie. Seuls catholiques européens
autorisés par Rome à ne pas se servir du latin ni de l'alphabet
romain, les Croates imprimèrent le premier missel en caractères
glagolitiques en 1483.
LA PIERRE BLANCHE DE BRAC. Depuis
l'Antiquité, des millions de tonnes de cette pierre blanche réputée
ont été extraites du sol crayeux des carrières de Pucisca sur l'île
de Brac et furent utilisées pour construire des bâtiments sur l'île,
en Croatie (palais de Dioclétien) et à l'étranger (Parlement
viennois, parlement de Budapest, Maison blanche à Washington,
monument commémoratif du Canada à Vimy).
CÉLÉBRITÉS DU SHOW-BUSINESS. Le
monde du show-business compte quelques figures d'origine croate,
notamment Josiane Balasko, John Malkovitch et Goran Visnjic, acteur
vedette de la série télévisée Urgences. On peut ajouter Branko
Lustig, producteur de La liste de Schindler et
Gladiator. Dans un autre registre, on peut mentionner le
pianiste Ivo Pogorelich (1958), lauréat du concours Chopin de
Varsovie en 1980. Ou rappeler que Patricia Spehar, Miss France 1997,
était une jeune étudiante parisienne d'origine croate.
Sciences et
techniques
LE
TESLA,
(symbole : T), unité d’induction du flux magnétique, a été dénommé
en l’honneur de Nikola Tesla (1856-1943), physicien croate
naturalisé américain, auteur de nombreuses inventions et découvertes
capitales dont le moteur à induction, les courants triphasés ou la
dynamo. Père de l’hydroélectricité et constructeur du premier
barrage hydroélectrique, il inventa la génératrice de courant qu’il
exploitera pour produire du courant électrique à partir de l’énergie
hydraulique fournie par les chutes du Niagara. B.A. Behrend,
président du American Institute of Electrical Engineers, déclara à
son sujet : "Si nous devions saisir et éliminer de notre monde
industriel les résultats des travaux de monsieur Tesla, les roues de
l’industrie s’arrêteraient, les trains seraient immobilisés, nos
villes seraient jetées dans la pénombre et nos usines seraient
mortes [...] Son nom marque une époque dans l’avancement de la
science électrique. De ce travail jaillit une révolution."
Figure emblématique de l'intégration réussie des Serbes de Croatie,
Tesla se déclarait "Serbe d'origine, Croate de coeur" ["Srpski rod,
Hrvatska domovina"], selon son mot désormais célèbre.
PRÉCURSEUR DE L'ATOMISME.
Physicien, astronome, mathématicien, architecte, philosophe et
diplomate, Rudjer
Boskovic (1711-1787), savant jésuite natif de Dubrovnik, inventa
la lunette achromatique et fut le précurseur de l'atomisme moderne,
notamment par sa théorie des puncta, particules matérielles
élémentaires régies par des champs de forces alternativement
attractifs et répulsifs. Celui auquel Nietzsche a cru bon de rendre
justice en le postant avec Copernic parmi les "victorieux
adversaires de l’apparence" et à propos de qui Heisenberg, le
père de la bombe, affirma que "sa théorie énonce des hypothèses
qui ont trouvé leur confirmation au cours des cinquante dernières
années", fut également directeur de l'Optique royale de la
Marine sous Louis XV, consolida la coupole de la basilique St-Pierre
de Rome et la flèche centrale du Duomo de Milan, et contribua à la
découverte d'Uranus. A Paris, à deux pas de l'Académie des Sciences,
dont il fut membre, une plaque
rappelle le séjour parisien de ce savant, croate d'origine et
français d'adoption, qui a également laissé son nom à un cratère de
la Lune.
DEUX PRIX NOBEL DE CHIMIE. Deux
savants croates naturalisés suisses se sont vus décerner le prix
Nobel de chimie pour leur recherches. Lavoslav Ruzicka (1887-1976)
l'a reçu en 1939 pour ses travaux portant sur les stéroïdes et sa
synthèse partielle des hormones mâles, testostérone et androstérone.
Son disciple, Vladimir Prelog (1906-), qui a par ailleurs largement
contribué à la compréhension des réactions enzymatiques, l'a reçu en
1976 pour ses travaux sur les liaisons organiques et la
stéréochimie. On lui entre autres doit la "règle de Prelog",
utilisée pour établir la configuration d'alcools dits
chiraux.
LA TECHNIQUE
DES « EMPREINTES DIGITALES », ou
méthode dactyloscopique, est l’invention du criminologue croate Ivan
Vucetic (1858-1925), d’où également le terme de méthode
« vuceticienne », toujours employé dans la
police.
PATHOCÉNOSE ET SIDA. Concept
fondamental établi par Mirko
Grmek, historien des sciences d'origine croate, la
pathocénose est une notion selon laquelle la présence et
l'importance d'une maladie dans une population donnée et à une
époque donnée ont un rapport intime avec celles des autres maladies.
Il la développe notamment dans son Histoire du Sida où il
expose les conséquences inattendues de la découverte de la
pénicilline et la disparition progressive des maladies bactériennes
que cela a engendré, sur le développement de pandémies virales,
jusque-là latentes.
LE STYLO MÉCANIQUE. A
l’instar de Waterman, l’ingénieur zagrébois Slavoljub Penkala
breveta en 1907 le stylo mécanique à réservoir intégré. Le succès
fut tel en quelques années qu’il s’exporta dans le monde entier, de
Paris à Tokyo, de Vienne à Los Angeles.
LE BALLON DIRIGEABLE. L'inventeur
zagrébois, David Schwartz (1852-1897), a construit le premier ballon
dirigeable à armature métallique dont les prototypes volèrent à
Saint Petersbourg (1894) et à Berlin (1897). A sa mort, ses plans
furent rachetés à sa veuve par le célèbre constructeur allemand, le
comte von Zeppelin, qui fit voler en 1900 son premier
"Zeppelin".
LE PLANISPHÈRE. C’est à
Hermann le Dalmate, philosophe et traducteur croate du XIIe siècle,
que l’on doit la traduction latine de la version arabe du
Planisphère, célèbre traité de projection cartographique de
Ptolémée.
LE
PARACHUTE. Si dès
1495 Léonard de Vinci décrivit et dessina un parachute, c'est à
Faust Vrancic (1551-1667), originaire du port croate de Sibenik et
connu en Italie sous le nom de Veranzio, que l'on doit l'étude de la
résistance de l'air sur la voilure, Machinae novae, où figure
la première représentation d'un parachutiste, dénommé homo volans
(1615). En 1783, Louis Sébastien Lenormand proposa le mot
parachute, et le 27 octobre 1797, André-Jacques Garnerin
effectua la première descente réelle (environ 1000 m), à partir
d'un ballon.
LE MOHO, ou
ligne de discontinuité qui marque un changement dans les propriétés
des roches à 35 km sous les continents et à 5 km sous les océans, et
dont la détermination permet la localisation précise des épicentres
sismiques, doit son nom à son découvreur, le géophysicien croate
Andrija Mohorovicic (1857-1936).
LA TORPILLE. C'est à
Rijeka, premier port croate, doté dès le XIXe siècle d'industries
puissantes et de chantiers navals, que fut inventée en 1866 la
torpille, arme redoutable qui fut rapidement employée par toutes les
marines de guerre du monde, tant elle bouleversa la stratégie
militaire navale.
Nature, traditions et art de
vivre
LES KORNATI
ET DUBROVNIK. Après
une visite de l'archipel, George Bernard Shaw écrivit
qu' "au dernier jour de la Création, Dieu a voulu couronner
son oeuvre et, d'un mélange de larmes, d'étoiles, et de souffle, a
créé les Kornati". Le plus dense de toute la Méditerranée, cet
archipel rassemble près de 150 îles sur moins de 300 km². Tout
autant émerveillé par la beauté de l' "Athènes croate", il ajouta
que "ceux qui recherchent le paradis sur terre devraient venir à
Dubrovnik".
DES BERMUDES À L'ADRIATIQUE. Les
eaux de la Neretva sont réputées pour leurs truites si particulières
et leur anguilles abondantes qui, nées au large des Bermudes, dans
l'Atlantique, viennent mourir dans le delta du fleuve, à mi-chemin
entre Split et Dubrovnik.
DES ESPÈCES ENDÉMIQUES.Plusieurs espèces
animales endémiques ont élu domicile en Croatie. Parmi les plus
remarquables d'entre elles figure la salamandre noire, qui
vit dans les forêts humides des Alpes orientales et de l'ouest des
Chaînes dinariques. Fait inhabituel, elle met au monde des petits
ayant achevé leur métamorphose. Plus à l'ouest, l'île de Cres abrite
quant à elle une soixantaine de couples de vautours à tête
blanche, une espèce très rare dont le plus proche cousin se
trouve en Afrique du Sud. Ces oiseaux restent fidèles au même
partenaire toute leur vie. Une réserve leur est consacrée à Beli.
Pour sa part, le protée, amphibien de 20 à 30 cm de long ne
vit que dans les eaux du karst dinarique. Son système respiratoire
très particulier combine poumons et ouïes (branchies). Selon la
température, il peut pondre ou mettre bas!
LE DALMATIEN. Comme
son nom l'indique, la Dalmatie, région côtière de la Croatie, est la
patrie d'origine de ce chien atypique qui fut jadis employé comme
chien de garde aux confins de la Croatie et de la Dalmatie,
notamment dans la guerre contre les Turcs : les Croates,
inférieurs en nombre, les avaient dressés à attaquer les chevaux des
Ottomans, avant la bataille, pour désorganiser leur cavalerie. La
première description des dalmatiens en Croatie a été faite par
l'évêque Petar en 1374. On le trouve aussi très fréquemment figuré
sur le blason de certains nobles croates. Son poil blanc à tâches
noires, reconnaissable entre tous, lui valu sans doute de devenir le
héros du célèbre dessin animé de Walt Disney, Les 101
Dalmatiens.
LE MARASCHINO. Parmi les
spiritueux de fabrication locale, figure le marasquin ou
maraschino, liqueur claire titrant à 25°, à base de cerises
acides appelées marascas. Dans son roman Un début dans la vie
(1842), Honoré de Balzac cite Zadar comme "cette ville où l'on
fabrique le maraschino", liqueur qui devint célèbre dans toute
l'Europe au XIXe siècle.
LE SPORT. Avec le
tennis, basket-ball, le football est le sport le plus populaire en
Croatie. En 1998, l'équipe nationale de football, emmenée par le
meilleur buteur de la compétition, Davor Suker, s'est distinguée
lors de la coupe
du monde en France en se classant troisième, derrière la France
et le Brésil. L'équipe de basket-ball a quant à elle remporté la
médaille d'argent aux JO de Barcelone en 1992, juste derrière la
Dream Team américaine. Quatre ans plus tard, à Atlanta, la
Croatie a remporté l'or en handball et en water-polo. Parmi les
joueurs de tennis, les plus célèbres sont Goran
Ivanisevic, vainqueur de Wimbledon en 2001, et Iva Majoli, qui
s'est imposée en 1997 en finale du Simple dames à Roland Garros.
Enfin, en ski, Janica Kostelic
a été sacrée championne du monde de ski alpin en 2001. Mais c'est à
JO de Salt Lake City qu'elle a fait la surprise en décrochant quatre
médailles (trois d'or et une d'argent), exploit qui lui valut d'être
surnommée la "reine
des Jeux".
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